à la Une Les Mardi Tempo

La difficile conciliation des temps pour les élu.e.s

… la vie de maire, c’est parfois rock, dit-on !

 A un an des élections municipales, le sujet de l’emploi du temps des élu.e.s est mis sur la table lors de ce « mardi de Tempo, en collaboration avec l’AMRF ( Association des maires ruraux de France). On y parle des enjeux de la difficile conciliation des temps de vies, pour les maires, entre vie professionnelle, personnelle et citoyenne.  

Cette rencontre, en présence de Mme Françoise Gatel, ministre déléguée chargée de la Ruralité, s’est tenue autour de l’intervention de M. Olivier Torres, professeur des universités et président de l’Institut Amarok, à partir de son étude inédite menée sur la santé des maires.

 

En introduction, Mme la ministre, tout comme Marina Lafay, présidente de Tempo, et maire adjointe à Strasbourg, et John Billard, vice-président de l’AMRF et maire, sont revenus sur le fait qu’être maire occupe un temps plus que complet : 7/7, 24/24, avec des conséquences parfois dramatiques en termes de santé. Des phrases fortes ont été entendues.

On parle souvent de pauvreté temporelle, voire de famine temporelle pour chacun.e de nous, mais c’est vrai bien sûr pour les élu.e.s, même si souligne John Billard, il n’y a pas que du stress, mais aussi la joie d’aboutir et de mener à bien un, ou des, projets, ….

Cette multiplicité de temps, divers, de tous ordres vécus par les maires, conduit à une pression de plus en plus lourde sur eux/elles, avec cette impression de courir après le temps, et de “n’avancer à rien !”. De plus, de multiples causes de dérèglements temporels, au sein de ce “temps long de la ville”, qui dépasse souvent le mandat électif, engendre ce conflit temporel perpétuel dont il faut absolument parler, pour rompre cette solitude de l’élu, du capitaine, d’autant plus si le/la maire mène une activité professionnelle.

Alors, que peut-on faire ?

Tout d’abord, et c’est absolument nécessaire, accompagner les maires, surtout ceux dans la proximité, et ce en prévision des prochaines élections où une baisse de l’engagement se profile ;

Ensuite certaines dispositions sont d’ordre législatif, pour accroitre la protection des maires, la protection de leur santé ; c’est l’objectif du projet de loi sur le statut de l’élu, adopté à l’unanimité au Sénat. Attention cela ne fabrique pas un statut de “privilégié”  mais cela vise à favoriser l’engagement de tous les citoyens, de tous âges, de tous statuts.

–> Pour avoir accès à l’intégralité du discours de Françoise Gatel, écoutez le podcast ICI

Olivier Torres nous parle lui, de ce sujet qu’il connait bien à partir d’une enquête qu’il a réalisé pour l’Association des Maires Ruraux de France – AMRF et d’outils qu’il a mis en place : le stressometre et le satisfactometre des maires.

On parle de conciliation des temps des maires qui évoluent dans un “trouple” : vie perso, vie municipale, vie salariée et étudier avec des outils éprouvés la santé des élu.e.s ..; on ne l’avait jamais fait !

Dans l’enquête, une phrase est revenue des centaines de fois : “je n’ai pas le temps ni le droit d’être malade, sauf quand je suis en vacances !”

Olivier Torres, après avoir cité des chiffres clés liés à son enquête, nous rappelle  aussi des choses essentielles :

Le/la maire n’est pas un sauveur !

Le/la maire a une fonction d’ entrepreneur.e

Ce qui est primordial pour bien vivre sa fonction c’est l’estime de soi !

Ne pas oublier que 69 % des maires sont satisfaits de leurs fonctions !

Mais que  3,48 % des maires français sont en risque de burn-out ( contre 6.6% des patrons de PME, et 8.5 % des agriculteurs

Il nous présente ensuite ses deux outils, que sont “le stressomètre”, et le “satisfactomètre” :

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Pour retrouver l’intégralité de son propos, cliquez ICI