à la Une Vie nocturne

La nuit

un sujet toujours d’actualité

“La nuit”, chantait Léo Ferré en 1969 en évoquant les figures de la nuit parisienne : bourgeois, passants, amours éphémères, voleurs et silhouettes diverses croisées sous les éclairages nocturnes…  Alors que cet cet été caniculaire a permis de penser à d’autres usages nocturnes, la nuit est toujours un sujet d’actualité, avec, en particulier, la sortie du nouveau livre de Luc Gwiazdzinski « Décoloniser la nuit – essai sur l’habitat nocturne contemporain » aux éditions Terre à terres, éditions de l’Aube.

copyright Editions de l’Aube

Et si la nuit n’était pas le simple prolongement du jour, mais un territoire à part entière, avec ses droits, ses usages, ses imaginaires ? Dans cet ouvrage, le géographe et expert de la nuit depuis plus de 20 ans, nous invite à penser la nuit avec celles et ceux qui l’habitent.

La nuit n’est ni un marché à conquérir, ni une ressource sans limite, la nuit est un bien commun fragile. Ce livre explore la citoyenneté nocturne, imagine un parlement de la nuit, et esquisse une gouvernance attentive aux besoins du vivant, nous dit Jean Pierre Lorens qui a dirigé l’édition.

Dans la revue Urbanisme, et son numéro 450 consacré à « la nuit » Luc Gwiazdzinski regrette que la nuit reste gouvernée par des gens qui vivent le jour. Le géographe a depuis longtemps développer une réflexion pionnière sur les temporalités nocturnes avec la sortie dès 2000 d’un ouvrage paru aux éditions Persée « la nuit, dernière frontière ». Dans « décoloniser la nuit », il analyse comment les activités humaines ont progressivement coloniser ce temps nocturne, jusqu’à faire un miroir des tensions sociales, économiques et environnementales des territoires.

La revue donne également la parole à Eric Labbé, figure de la nuit du nord est parisien  qui nous dit « la nuit parisienne est l’une des plus dynamique du monde » et Paris a failli ne plus être une fête.

A qui appartient la nuit ?

copyright France Culture

A l’heure où le réchauffement climatique pourrait nous obliger à basculer des activités diurnes vers la nuit, France Culture a donné la parole à Luc Gwiazdzinski. Pour lui « décoloniser la nuit, c’est aussi rendre visible les invisibles. La nuit doit être considérée comme un bien commun, pas comme un marché ». Il propose dans son ouvrage de mettre en place un partage des données et une gouvernance partagée afin de mieux réfléchir sur l’impact des nuits sur le travail, la biodiversité, la dynamique économique. Ainsi la nuit « pourrait apporter “du sensible, des temporalités, de la chronotopie, de la malléabilité et du rythme ». Retrouver le podcast ICI